Un nouveau texte ...
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Debout au milieu de la ville, l'homme est sur le point de défaillir.
Il étouffe.
Partout autour de lui, une fumée grise envahit tout l'espace. Avant ce jour, il n'y avait jamais prêté attention, mais aujourd'hui, c'en est trop.
Cette fumée l'entoure, l'encercle, ne lui laisse aucune issue, car elle vient de partout. Voiture, usines, cigarettes, pollution ... Tout est fumée dans cette ville où vit l'homme. Et lui seul s'en est rendu compte.
Les autre gens passent, aspirent cette fumée, mais personne ne sens qu'elle va lui ronger le c½ur. Personne ne fait de commentaire, personne ne la désapprouve, personne ne se révolte. Chacun essaie de cohabiter avec sa noirceur.
Et pourtant, tous savent qu'un jour ce sera soit lui, soit elle.
Dans ses derniers instants, l'homme appelle. Personne ne lui répond. Alors, il cherche une autre aide, une aide qui viendrait de lui. Dans une lointaine partie de son âme, où le souffle noir n'est pas encore entré, il retrouve courage et espoir.
Et il sait ce qu'il doit faire pour rester malgré la fumée.
Armé d'une détermination que n'ont pas les autres personnes, l'homme fait ce qu'il aurait du faire depuis longtemps : il crie sa rage.
Il craque.
Il laisse sortir la voix de la colère tapie au fond de lui, ensevelie sous les cendres depuis des années.
Et la fumée entend cette voix. Elle aussi craque. Autour de l'homme, comme des vagues prêtes à se briser, la fumée s'est stoppée net. Enfin il peut respirer. Enfin il peut vivre de nouveau.
Les passants ont ralenti leur course effrénée contre le temps car, au fond, ils savent qu'ils ne pourront jamais le rattraper. Ils observent cet homme qui a su résister à leur ennemie à tous, leur ennemie de toujours et de jamais, leur ennemie qu'ils croyaient invisibles alors qu'on ne voyait qu'elle.
L'homme résiste, mais les passants se sont seulement arrêtés.
Petit à petit, ils pensent à repartir.
Alors, l'homme agit pour les forcer à agir.
Dans sa résistance contre la fumée, l'homme n'a fait qu'enclencher le processus d'action. Il sait qu'il doit finir, et le fait.
Il explose.
Puisant au fond de lui-même un mélange d'émotions, il tente de chasser la fumée. Ce ne sont pas violence, haine, douleur qu'il utilise, mais courage, espoir et détermination. La fumée continue à souffler ses relents noirâtres.
L'homme résiste.
La fumée se sent peu à peu faiblir.
L'homme se sent peu à peu grandir.
Dans un dernier effort, il fait comprendre à son adversaire qu'elle va perdre. Inutile, elle le sait.
Alors, l'homme lève les bras en signe de victoire, tandis que la fumée se dissout en petits nuages clairs.
Les passants sourient. Ils ne passent plus, ils vont. Ils ne sont plus ignorants, ils savent. Ils ne respirent plus la fumée, ils se délectent d'air pur. Et tout cela, ils le savent, c'est grâce à cet homme. Un homme, un simple homme, que seule une chose différencie des autres : il a su oser. Sous l'influence de la fumée, les habitants de la ville avaient oublié ce verbe. Oser. Ne pas faire comme tout le monde. Être soi-même, simplement soi-même, pas un quelconque animal dans un groupe qu'on suit sans comprendre.
L'homme s'en est souvenu. Et il a gagné.
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